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Historique
de la vile Sainte de TOUBA
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Cette
ville est fondée par Cheikh Ahmadou Bamba en 1306
de l’hégire (1888).C’est une ville dont
la motivation de la création reste le repère prioritaire
et dicte jusque dans les moindres détails la conduite à
y observer.
Sa foi ardente et sa haute ferveur spirituelle lui a valu irrésistiblement
une affluence sans précédent des assoiffés
de DIEU, une première dans l'histoire de nos contrées.
C'est ainsi qu’il multiplia les retraites pour se soustraire
du tumulte de ce bas- monde et des hommes afin de mieux se consacrer
à DIEU. Dans sa recherche ardente du TRES-HAUT, il fit preuve
d'une résolution et d'une conséquence qui étonnèrent
les administrateurs et les chefs locaux qui imposaient leur volonté
aux populations.
D'ailleurs,
pour échapper à tout ce qui pouvait le limiter dans
son aspiration profonde à DIEU, il finit par entreprendre
la recherche d'une terre de paix dans le dessein d'y adorer Son
SEIGNEUR exclusivement.
C'est ainsi qu'il quitta Mbacké Kajoor en 1301 H.
(1883) et s'installa à Mbacké Baol.
Une fois dans cette localité, les foules affluèrent
encore de partout. Il émigra de nouveau et fonda lui-même
Dâru-s-Salâm en 1304 H. (1886). Partout
où il s'installa, sa seule quête était la solitude
en vue de se consacrer à l’adoration du SEIGNEUR et
au service du Prophète MOUHAMMAD RASÛLU-L-LÂH
(Paix et Salut sur Lui). C'est à ce stade de sa quête
inlassable de solitude que notre SEIGNEUR, en QUI il a disposé
sa destinée, lui indiqua un lieu et l'y conduisit. C'est
ainsi que DIEU a toujours procédé dans Sa Mansuétude
envers les vertueuses créatures qui cherchent une proximité
avec Lui.
Les propos que le Cheikh tint dès qu'il y arriva sont révélateurs
"Je rends Grâce à
DIEU de m'avoir conduit vers un lieu (une terre) où il a
occis mes obstacles"
La CITE BENITE DE TOUBA est ainsi fondée en l'an
1306 H. soit 1888 ; une terre de félicité
et de paix qui porte les signes de DIEU.
Lorsque
le Cheikh y arriva, il n'y trouva rien d'autre qu'une forêt
avec des animaux sauvages. Il la défricha proprement et lui
donna ce nom si Béni de TOUBA (Félicité) à
l'image de cet arbre du même nom qui est au Paradis. Cet arbre
à propos duquel le Cheikh rapporte ceci dans son recueil
"l'alliance en perles précieuses (Silkul Jawâhiri)
"Ka’b al Ahbâr (Que Dieu soit
satisfait de lui) a dit : "j’ai interrogé
le Prophète à propos des arbres du Paradis, il répondit
: "leurs branches ne sèchent pas ; leurs feuilles ne
tombent pas. Ces arbres restent humides éternellement. Le
plus grand d’entre eux est l’arbre qui porte le nom
de Tûbâ (TOUBA) ; son tronc est fait de perles, ses
branches sont de chrysolithe, et ses feuilles sont de soie légère.
Dans le Paradis, il n’y a pas une chambre ou une coupole,
si ce n’est qu’il y a une branche (de cet arbre) qui
lui donne de l’ombre. L’arbre possède des fruits
qui font envie à l’âme et font plaisir à
regarder. On peut comparer cela au soleil dans le monde : son origine
est dans le ciel et sa lumière peur parvenir à tous
les lieux de la terre »
DIEU a établi sur terre des enceintes promues cités
de DIEU où il a manifesté ses signes et les a confiés
à ses serviteurs par l'intermédiaire de qui Il soutient
sa religion.
"Celui qui s'exile sur le
chemin de DIEU trouvera plus d'une occasion pour briser la fierté
de ses ennemies et une grande aisance." S4 V100
Donc une cité bénite ne doit son statut qu’à
DIEU seul habilité à conférer à un lieu
un statut sacré. Un lieu sacré peut être reconnu
par la manifestation évidente des signes de DIEU sur le lieu
même c'est à dire :
- l'indication de l'emplacement à celui d'entre ses serviteurs
les plus dévoués
- l'inviolabilité relevant de la volonté de DIEU
- l'honorabilité que DIEU porte à l'enceinte
La Cité Bénite de TOUBA au moment où le Cheikh
la fonda, il la fait uniquement sur la recommandation de son SEIGNEUR
qui lui indiqua l'emplacement en récompense à sa ferveur
inégalée. Car dit-il au moment de la fondation de
la ville, son SEIGNEUR s'adressa à lui en ces termes :
" IL y'a deux lieux auxquels j'accorde de l'honorabilité
plus qu'ailleurs sur toute la terre c'est la Mecque et Médine
quant au troisième c'est à toi que je l'ai concédé
partout sur les continents où selon ton choix ou tu me demandera
de te l'y adjuger je le ferai .IL lui avait dit que la Mecque et
Médine leur troisième sera la cité Bénite
de TOUBA" (Discours Serigne Abdou Lahat Mbacké)
Après avoir baptisé cette ville de son nom si révélateur,
le Cheikh a ajouté "DIEU l'a d'ailleurs préservée"
Il n'a point dit DIEU la préservera. Il a affirmé
que DIEU l'a préservée. C'est donc un fait accompli,
qui existe déjà.
C'est donc une Cité qui bénéficie de la protection
inviolable de DIEU conformément aux vœux de son Fondateur
"Fais de notre enceinte,
la cité bénite de TOUBA, une terre de confiance et
de franchise dans laquelle tout ce qui y est intégré
d’agréable à DIEU, soit dans la liberté,
l’immunité et la sécurité. donne moi
l’assurance de ta sauvegarde et de ta garantie à ma
demeure, la cité bénite de TOUBA. "
STATUT
ET IMPORTANCE DE LA VILLE POUR CHEIKHOUL KHADIM
A
côté de son statut de la ville Sainte, TOUBA tient
également sa particularité et son honorabilité
de son fondateur même Cheikh Ahmadou Bamba. Chaque disciple
mouride quel que soit son lieu de résidence formule le vœu
de vivre à TOUBA, de voir son âme y reposer et d’y
ressusciter. C’est également le vœu de celui qui
n’a pas la faveur d’y résider d’y être
inhumé Voilà autant de raisons qui confortent les
mourides dans la considération qu’ils accordent à
la Cité du CHEIKH. Parlant de ses préoccupations pour
cette vie terrestre, il les résume à trois dont :
les disciples qui fondent espoir en lui, le Saint Coran et la ville
de TOUBA.
Concernant
TOUBA, le troisième khalife du Mouridisme Cheikh Abdoul Ahad
Mbacké nous confie qu’ « il y passa juste sept
ans et fut déporté, il n'y est revenu qu'au retour
à son SEIGNEUR ; mais durant tout le temps qu'il a mis hors
de TOUBA, il répétait comme un refrain la formule:
"Oh
SEIGNEUR ; exauce et accomplis mon intention à TOUBA où
s’érigera par Ta Gloire un temple »
«
Facilite mon retour à TOUBA m’immunisant et me préservant
de la malice des créatures et rends agréable mon séjour
las-bas »
Tout fils qu’il a eu, c'est ici même qu'il
l'a prié de vivre, c'est ici qu’ il a grandi et c’est
ici où il a fait ses études, c'est en ce lieu que
tous les siens vivent, » (Sermon de
Cheikh Abdoul Ahad Mbacké au lendemain du Grand-Magal de
TOUBA 12 Octobre 1987)
Poursuivant
toujours dans un autre entretien sur le statut de la ville pour
Cheikh Ahmadou Bamba il dit « A présent SERIGNE
TOUBA pour sa part, s'est attitré agent d’un fait,
qu'il fit connaître et prouva il est important de le savoir
il s’agit de tout son projet de vie terrestre il avait confié
que c’est strictement à Touba qu'il se résume.
Il communiqua que dans quelque lieu où il élit un
domicile, dans quelque localité où il passa un séjour,
il ne les distingue pas avec les smalas des tribus maures où
il a été en résidence, mais c'est TOUBA qu'il
a toujours consenti établir comme sa demeure fixe.
Le Khalife poursuit toujours "Et même la mosquée
qu’on a érigé à Diourbel, ce sont les
adeptes eux même qui, brodant sa parole la poussant au paroxysme
l’ont élevée à cette dimension mais c’est
une simple mosquée qu’il demandait qu’on lui
dressât."
"Il est parmi les clauses rattachées à la construction
d’un édifice pour l’office du vendredi (une Grande
Mosquée) que partout où délibérément
on ne consent pas demeurer, de ne pas y dresser un édifice
pour cette office là. Mais simplement une mosquée
pour les prières canoniques. C’est pourquoi le cheikh
n’a jamais ordonné la construction d’un sanctuaire
pour cette fonction si non à TOUBA exclusivement. D’ailleurs
à la mosquée de Diourbel il n’a jamais accompli
rien en dehors du rituel des cinq prières, personne ne la
vu y célébrer la prière du vendredi…
D’ailleurs la preuve tangible est en l'occurrence l’édifice
du sanctuaire de T0UBA qui, jadis lorsqu’il le prédisait,
nul ne songeait qu’une bâtisse pourrait exister ou non.
Cela est d'autant mis en évidence par cette (si proche) ville
de Diourbel aussi longtemps qu'il y dura, il ne la distingue pas
pour autant de la Mauritanie ou Il fut (déporté) ou
encore du DJOLOF où il fut (admirativement interné)
confirma malgré tout que TOUBA est irrécusablement
sa demeure.
"
(Sermon de Cheikh Abdoul Ahad Mbacké à l’occasion
de l’Aïd El Kébir 10 Dhul hijjah 1395/1975)
Une ville qui trouve la singularité et son statut dans les
desseins qui ont guidé les pas de son fondateur .La déférence
envers cette terre bénite, ce lieu sacré sur toute
son étendue renvoie à tout ce qu’exigent les
comportements sur un territoire sacré en vertu de la parole
de DIEU LE TRES-HAUT qui dit : «C'est
ainsi et celui qui prend en considération les limites sacrées
[l'Enceinte] de DIEU, c'est mieux pour lui auprès de son
SEIGNEUR". (Coran S22 V30)
C’est une telle attitude que Cheikh Ahmadou Bamba fondateur
de la sainte ville de TOUBA a adoptée en le faisant suivre
à tous ceux qui veulent élire domicile à ses
côtés. Dans son ode intitulé « la quête
du bonheur des deux mondes » (MATLABUL FAWZAYNI). Il a prié
pour que DIEU accorde des faveurs à ceux qui se conforment
à ses recommandations mettant du même coup en garde
ceux qui seraient tentés de le profaner :
Fais de ma demeure, la cité bénite de
TOUBA, le paradis du fidèle qui s’est confié
pour la simple face de DIEU et est engagé dans la quête
de l’absolu ; qu’elle soit aussi un rempart qui entrave
et détourne le rebelle qui tente de profaner la décence
de l’Islam ou la déférence de cette enceinte.
Fais de ma demeure, la cité bénite de TOUBA, un
lieu de sanctification pour tout musulman sincère, un lieu
où l’ humiliation et l’ostracisme frappent
le transgresseur délinquant et pervers.
Protège ma demeure, la cité bénite de TOUBA,
contre la luxure grossière des mécréants
et l’inconduite des croyants et exempte la de la vanité
en toutes périodes.
Dans
le sillage de ses recommandations, ses nobles et honorables successeurs
ont fait de la défense et de la sauvegarde de la ville un
sacerdoce. Au delà de la surveillance stricte sur la conduite
à y adopter et des rappels édifiants, des pas importants
seront franchis. le 18 Septembre 1980 le troisième khalife
Cheikh Abdoul Ahad MBACKE adresse une correspondance au Procureur
de la République près du tribunal de 1er instance
de Diourbel y apposant les signatures de l’ensemble de ses
frères. Dans cette lettre il y dénonce clairement
les pratiques prohibées dans la ville Sainte et demande leur
éradiquation. C’est ainsi qu’il est bon de savoir
qu’il est interdit sur toutes les limites sacrées de
la ville :
• La consommation de boissons alcoolisées
• L'usage de drogue et stupéfiant
• Les manifestations folkloriques (tama, sabar, tam-tam)
• L'organisation de danse (Bal et musique)
• La pratique des jeux de hasard (carte, loterie, jeux de
dames...)
• La contrebande
Bref
tout ce qui est interdit par l’Islam, récusé
par la morale et réprimé par la juridiction de l’Etat.
C’est ainsi qu’il obtient en 1986 l'instauration d'une
brigade spéciale de la gendarmerie pour lutter contre la
contrebande et les prohibitions de l'Islam. C’est ce qui justifie
que Jusqu’à présent un contrôle des hommes
de lois est opéré à l’entrée de
la ville pour les voitures et les autres passants suspects.
Dans ce même scillage, en 2006, Serigne Saliou Mbacké
installa une Hotel de Police avec l’aide des autorités
gouvernementales.
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