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La Disparition
du Cheikh (19 juillet 1927) |
Le
19 du mois de Muharram de l'an 1346 de l'Hégire, correspondant
au 19 juillet 1927, fut l'un des jours les plus tragiques de l'histoire
de la Mouridiyah en ce sens qu'il fut marqué par le saisissement
et la stupéfaction générale à l'annonce
de la disparition de son Fondateur.
En
effet la disparition de celui-ci survint au cours de cette journée
de mardi où le fils aîné et futur successeur
du Cheikh, Serigne Mouhamadou Moustapha MBACKE et son oncle Cheikh
Balla MBACKE découvrirent le saint homme étendu sur
le sable d'une case de sa concession où il aimait à
se retirer. Cheikh Moustapha fit alors montre de cette vertu de
lucidité et de tempérance, qui allait d'ailleurs marquer
son Califat, en organisant dans une discrétion absolue son
inhumation à Touba, en conformité avec les voeux du
disparu.
L'Administration
coloniale, peu encline à cet ensevelissement à Touba
susceptible de favoriser l'essor de la Mouridiyah en transférant
son noyau hors de Diourbel, sembla dépassée par la
précipitation des événements. Une fois mise
au courant, elle intervint cependant en mettant sous scellés
le patrimoine du défunt et en nommant une commission chargée
de sa surveillance.
Le
monde mouride, plongé dans une stupeur indescriptible, réagit
cependant avec calme et dignité et, dès l'annonce
de la nouvelle, se mit à confluer de tous horizons vers la
tombe du saint homme. Ce fut, sans aucun doute, l'un des jours les
plus déchirants de leur existence, l'épreuve la plus
décisive et la plus douloureuse qu'eurent à vivre
ces nobles coeurs qui devaient entièrement leur amour pour
la Lumière de DIEU, leur goût du sacrifice pour Sa
Cause, le sentiment d'avoir recouvré leur dignité
d'homme au frêle homme de Touba qui, à présent,
reposait au sud de Aynou Rahmati ("Puits de la Miséricorde").
A
la consternation devait, pourtant, succéder le retour aux
obligations qu'exigeaient la continuité de la Mission et
la poursuite de la dynamique amorcée par cet être exceptionnel.
Ainsi fut-il décidé par le Conseil de famille, moins
d'une semaine après la disparition, la désignation
de Cheikh Mouhamadou Moustapha, fils aîné du Cheikh,
à la succession de son père.
Le
Calife fut, en outre, chargé de la gestion des chantiers
de la Mouridiyah dont le plus important était sans conteste
celui de l'édification de la Mosquée de Touba sur
le site où reposait son père.
Ainsi
s'initia, dès le 25 juillet 1927, une autre phase de l'histoire
des mourides qui, derrière leur Calife et en dépit
de vicissitudes et d'oppositions de toutes natures, démontreront
que la puissance des idées, la conformité indéfectible
à la Vérité et au Décret Divin, la Crainte
Révérencielle, l'Amour Infini du Prophète de
DIEU, la Proclamation de l'Unité Absolue de DIEU, la Détermination
devant les épreuves endurées sur le Droit Chemin,
que tout cela dépasse une existence terrestre limitée
dans le temps et qu'ainsi et à cause de cela, comme l'attestera
d'ailleurs l'Histoire,
Cheikh
Ahmadou BAMBA ne saurait jamais mourir...
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