La vie de
Serigne Cheikh Abdoul Khadr se confond avec son
imamat à la Grande Mosquée de TOUBA auquel il accéda
en 1968, à la disparition du second khalife
Cheikh Mouhamadou Fadel qui occupait en même temps cette
fonction. C'est pendant les 22 années où
l'imam Serigne Abdou Khadre dirigea les prières
de Vendredi et celles des fêtes religieuses que le saint
homme acquit la renommée d'être une source intarissable
de la Chari'a et de la Sunna.
La Générosité de coeur de l'homme de DIEU
qu'il fut traduisait en permanence, auprès surtout des
indigents sa compassion et sa largesse d'esprit. En plus d'une
disponibilité légendaire qu'émaillait un
sourire ineffaçable, il affichait, envers ses visiteurs
toujours à l'aise pour communiquer avec sa sainte personne,
une image de sérénité et de profonde compréhension
d'un abord facile.
A l’instar de son Père et Maître, il a désormais
inscrit sa démarche sous ce qu’on peut appeler le
label "al istikhama", c’est à
dire la droiture, cette droiture sous tendue par la mesure, l’équilibre
et qui est la marque distinctive des élus de Dieu. Autant
le Cheikh disait à qui veut l’entendre que ses ennemis
peuvent tout dire de lui sauf qu’ils l’ont vu ou entendu,
un jour, faire ou dire quelque chose que Dieu réprouve,
autant Serigne Abdou Khadr mettait un point d’honneur à
être ce pôle vers lequel convergent tous les cœurs
qui cherchent un modèle de droiture susceptible de les
conduire sur la voie dénommée "Siraatal
mustaxiima"
En sus de ces hautes vertus, l'homme était aussi, à
l'instar de ses autres frères, investi d'une dimension
sociale qui se manifesta, lorsqu'en 1968, il
défricha une importante superficie de terre arable à
Bagdad à quelques kilomètres de
TOUBA, où il s'installa. Il réalisera aussi à
Boustan, près de Louga, un autre domaine
agricole comptant 13 daaras. Il se lancera également dans
la riziculture à Mboundoum, périmètre irrigué
du barrage de Diama où il comptait également une
importante exploitation.
La piété demeurait toujours un trait caractéristique
chez cet homme si l'on réalise qu'il tint à ériger
à chaque fois une mosquée dans chacune de ses concessions
à travers le pays.
Les rapports de Serigne Abdoul Khadre avec tous ses parents étaient
toujours empreints de cette révérence et de cette
affection dont il irradiait et qui avait le pouvoir de le rendre
aimable à tout coeur.
Son accession au Khalifat, le 18 juin 1989, fut
marquée par sa personnalité en ce sens qu'elle fut
l'occasion de prêches pour la conformation aux commandements
Divins et à la Sunna Prophétique.
Sa trop brève durée ne permit pas, cependant, toute
l'expression de ces hautes vertus car le jour de vendredi
18 mai 1990, c'est-à-dire 11 mois jour pour jour
après avoir revêtu le manteau du 4e khalife Serigne
Abdoul Khadre s'éteint à TOUBA. Et c'est depuis
ce vendredi, jour de prière, qu'il repose à l'entrée
de cette Mosquée qu'il aimait tant et au sein de laquelle,
22 ans durant, il dirigea la prière de milliers de fidèles
qui ne manquaient jamais de se précipiter d'affection,
après l'office, vers la frêle silhouette toujours
souriante de Djily "Borom Baqdâd".