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Enseignement
et consdération du Maouloud par Cheikh Ahmadou Bamba
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Tout
ce qui constituait une source de glorification pour les mécréants
s’est effondré la nuit même de la Naissance de
l’Elu.
Ces faits extraordinaires laissaient pressentir un changement d’ordre
dans l’Univers. Ainsi, tous ceux qui avaient gardé
leur croyance aux livres révélés authentiques,
savaient pertinemment que cette Lumière d’une intensité
jamais égalée, allait anéantir le Faux. De
même, tous ceux qui avaient une connaissance tant soit peu
des enseignements de ces livres, n’avaient plus aucun doute
que le Messager tant attendu était venu.
Dans sa versification sur les Panégyriques du Prophète
(Paix et Salut sur Lui), intitulé l’Attirance
des Coeurs (Jadhbul Qulûb) le Cheikh nous décrit
ces miracles grandioses qui avaient ébloui tout l’Univers.
Entre autres on peut citer :
-
Cette Nuit renferme
des Miracles apparents, tenus authentiquement des rapporteurs,
tels que le feu (des pyrèes) qui s’éteignit,
avec la dissipation de la détresse
-
La source de ("Sawa") qui était si éminente
et si prestigieuse pour la Perse avant la Religion (Musulmane)
était devenue inexistante
-
Tels que les cailloux lancés en comètes pour chasser
les suspects de leur espionnage des nouvelles du Prophète,
et ils retournèrent avec regret
-
Cette Nuit, le Maudit [Satan] a été chassé
des sphères célestes par des jets sous forme d’étoiles
filantes et il prit la fuite, bredouille et blâmé
avec sa faction en détresse
-
A rayonné, au Moment où naquit le Meilleur Prophète
- que CE¬LUI Qui a guidé son coeur par les Sagesses
Lui accorde Sa Prière -
-
Une Lumière Sublime par laquelle celui qui se trouvait
dans la Mère des cités - la Mecque qui est la Meilleure
Enceinte Sacrée - apercevait le Palais de César
-
Le hall (du Palais) de Chosroes (Kesra) a craqué dans cette
Nuit, alors que, jadis, sa toiture était si élevée
vers le Ciel de CELUI QUI HONORE
-
Au point que le lit (de repos impérial) se brisa, à
cause d’une grande terreur qui frappa, issue de la Lumière
de la Meilleure des créatures ; SEIGNEUR ! accorde-Lui
Ton Salut
Les Grâces attachées à
la célébration de l’Anniversaire de la Naissance
du Prophète
(Paix et Salut sur Lui)
Serigne Touba dans versification suscitée
écrit :
-
Quiconque la célèbre
conformément à la Tradition obtiendra toutes les
grâces rattachées à sa célébration.
-
Sa célébration conformément à la Sunna
(la Tradition) nous conduit vers le Paradis ; par elle, les bienfaits
augmentent en faveur du sincère qui glorifie
-
Quiconque célèbre la Naissance de notre Prophète
qui est la Porte de la Bonne Guidée, point il ne sera soumis
au Règlement des Comptes Demain ; alors, honore et glorifie
cette Naissance
-
Quiconque célèbre la Naissance de la Meilleure Créature,
en l’occurrence le Plus Louangé (Ahmad), celui-là
est comme un martyr ayant combattu à Bedr et ce, sans illusion
-
Celui qui fait une dépense à l’occasion de
la célébration de son Honorable Anniversaire, en
biens, sans gaspillage, fut-ce l’équivalent d’un
"dirham"
-
Celui-là est comme quelqu’un ayant été
présent le Jour de "hunayn" avec patience et
le Jour de Bedr ; puis ayant soutenu la Meilleure Créature
qui facilite la compréhension
-
Celui qui célèbre la Naissance de notre Prophète
qui est la Porte de la Bonne Guidée ne sera pas contrôlé
Demain, au moment du Règlement des Comptes désarmant
-
Celui qui assiste à l’Anniversaire de la Naissance
de la Meilleure des créatures, en la célébrant
par la communion, dans la réjouissance, avec du sucre ou
de la viande
-
Celui-là est certes nanti de ce qui pérennise la
joie et il ne rencontrera pas de malheur le Jour du Rassemblement
des Communautés
-
Celui qui présente un repas à celui qui chante ou
lit un texte liturgique, pour l’honorer, réunira
les bienfaits des gens doués d’une force de décision
spirituelle
-
Celui qui récite des panégyriques, lors de la célébration
de la Naissance de la Meilleure des créatures, sur quelque
chose pour l’oindre, celui-là verra, pour cette chose,
un essor de plus en plus bénit
-
Si on récite sur de l’eau des panégyriques,
lors de la célébration de la Naissance du Meilleur
du genre humain, le fait de boire de cette eau préserve
de la machination de Satan, par la Grâce de la Créature
Purifiée
-
L’absorption de cette eau, grâce à l’Exaucé,
illumine le coeur et le vivifie, sans défaut, et celui
qui l’absorbe sera préservé du malheur
-
La vivification [de la célébration] de la Naissance
de l’Annonciateur des Bonnes Nouvelles protège les
familles et les demeures, elle renferme le Remède des coeurs
pour tout individu se réclamant de sa Direction.
Extrait de l’Attirance des coeurs V46 à 59.
La
Réhabilitation de l’Anniversaire de la Naissance du
Prophète (Paix et Salut sur Lui) par Cheikh Ahmadou Bamba
Serviteur Privilégié du Prophète
La
considération que Cheikh-Al-Khadîm (le maître
serviteur) accordait à la Nuit de la Naissance du Prophète
(Paix et Salut sur Lui) se mesure en référence l’ardent
Amour qu’il a pour Lui et par sa mission de réhabilitation
de tout ce qui touche à Son message.
Vivant dans une société islamisée depuis longtemps,
la population n’avait pas rompu avec le folklore et faisait
l’amalgame entre les aspects spirituel et populaire des événements.
Ainsi la purification de la célébration fut menée
par le Cheikh en enseignant aux musulmans les rélges de conduites
à observer. " Sa célébration conformément
à la tradition" a-t-il- recommandé car les ancêtres
la célébraient de façon non conforme à
la bonne voie.
A cela s’ajoutent les Panégyriques et la production
inestimable, faites sur le Prophète, donnant ainsi aux musulmans
l’occasion d’avoir de quoi vivifier la nuit. Ainsi on
peut citer quelques poèmes très célèbres
communément appelés "Mawlûd", car
psalmodiés intégralement durant la nuit de la naissance
du Prophète (Paix et Salut sur Lui).
On peut citer en guise d’exemple :
L’attirance des coeurs (Jadhbul Qulûb) (165 vers)
Les Dons du Profitable (Mawâhibu-n-Nâfic) (166 vers)
Les Prémices des Eloges (Muqaddamâtul Amdâh)
(192 vers)
Aussi le Cheikh marquait Lui même la célébration
par sa présence, et donnait les directives et la manière
de se conformer à la tradition. Il assurait lui même
l’organisation. Bien que la célébration de l’anniversaire
corresponde à la 12 éme nuit, il dit :
"Je
m’adonne à sa vivification tout le mois durant"
disant par là, qu’il célèbre
tout le mois de la Naissance du Prophète.
Pour illustrer davantage l’importance que Serigne Touba accordait
à l’anniversaire de la Naissance du Prophète,
nous rappelons ce qui suit :
"La Nuit de la Naissance du Prophète le rendait
très heureux. C’est aux calendes de la Naissance de
l’Elu que quiconque le connaissait, avait plus d’entrain
à la sollicitation d’une quelconque faveur, à
cause de la parfaite béatitude qu’on savait en lui.
Et au courant du mois de la Naissance de l’Elu, quand le mois
s’acheminait à sa fin, on se rendait compte que cette
joie s’estompait progressivement".(cf. sermon de Serigne
Saliou MBACKE le 19 Safar 1411.H, 19 Septembre 1990)
A cela, s’ajoute la recommandation formelle qu’il donnait
à ses disciples de la célébrer partout où
ils résidaient. Ainsi, les grands disciples du Cheikh après
avoir terminé leur éducation spirituelle sous ses
auspices, ont eu l’autorisation de fonder de nouveaux foyers
d’éducation partout au Sénégal, rendant
ainsi davantage populaire la célébration du "Mawlûd"
dans sa forme actuelle, c’est à dire en conformité
avec la Tradition(Sunna).
La Célébration publique
sous les auspices du Serviteur du Prophète Khâdimu-r-
Rasûl.
Si la vivification de l’anniversaire de la Naissance du Prophète
à Diourbel est restée célèbre en milieu
Mouride, et dans tout le Sénégal, c’est bien
sûr en référence à sa célébration
sous la supervision directe de Khâdimu-r-Rasûl.
Malgré son assignation en résidence surveillée
à Diourbel (de 1912 à 1927), malgré l’interdiction
de former un attroupement ou toute réunion de personnes faite
à Serigne TOUBA par l’administration coloniale, les
mourides ont toujours répondu à l’appel de leur
maître.
Quand l’anniversaire de cette Nuit arrivait, les gens affluaient
de partout vers la résidence du Cheikh. L’esplanade
de la moquée de "Keur Gou Mag" (nom du quartier
où se situe la résidence du Cheikh) grouillait de
monde. Et l’administration coloniale qui surveillait strictement
toutes les manifestations à caractère religieux ne
cessait de faire des comptes rendus détaillés de ces
célébrations.
" De nombreux mourides sont allés à Diourbel
célébrer la Naissance du Prophète (30 Septembre-1er
Octobre- 12ème lune du mois de rebé-l’aoul ).
La gare de Thiès a délivré 1229 billets aux
pèlerins. Les trains venant de Dakar étaient bondés.
Les voyageurs noirs juchés sur les impériales des
wagons criaient leur enthousiasme. L’élément
jeune dominait. Il n’y a eu aucun incident." (Archives
du Sénégal, extrait 2G 25/54, Rapport Politique Octobre
1925, Thiès)
Cet extrait est révélateur sur l’ampleur du
"Gamou" (appelation locale du Mawlûd) de Diourbel.
A ces pèlerins présents, s’ajoutaient des habitants
venant de toutes les contrées du Sénégal. Ceux
qui habitaient les environs de Diourbel venaient par tous les moyens
: charettes, à pied etc. Ce nombre impressionnant ne représentait
rien comparé à la population de Diourbel qui marquait
fortement de sa présence la Nuit du Mawlûd.
Pendant la célébration , les uns lisaient le Saint
Coran, les autres chantaient en Choeur les Louanges de l’Elu,
le Meilleur, d’autres s’affairaient à offrir
à manger et à boire à toute l’assistance
sans distinction. Dans la résidence du Cheikh, on préparait
toute sorte de mets qu’on distribuait aux personnes venues
célébrer cette nuit dans la communion.
On distribuait aussi du thé, du lait, du café etc.
Tous ses contemporains, sans exception voyaient en lui, quand le
mois Rabîcul Awwal arrivait, une joie incommensurable et une
disponibilité toujours prête à exaucer les voeux
de tout requérant.
Quant on célébrait la nuit de la Naissance de son
Bien-Aimé le Prophète, il était dans une joie
indescriptible. Ainsi, il pulvérisait les chantres de parfums,
et telle une avalanche, les comblait de dons et de cadeaux de toutes
sortes. Ses actions ébahissaient l’assistance devant
le poids des charges qu’il soulevait, car croyant qu’une
seule personne ne pouvait être en mesure de déplacer
de telles charges.
Cette célébration publique du Mawlûd par le
Cheikh, a incité les musulmans de notre pays à avoir
plus de courage au point de braver l’interdiction du colonisateur.
Car notons au passage que cette période (fin 19 ème
siécle), coincidait avec la fin de la conquête coloniale.
La France avait une main mise sur toute l’étendue du
territoire. Avec son autorité expantionniste, elle avait
domestiqué le reste des souverains locaux, et s’était
accordée le dévouement des notables religieux. Par
cette célébration, Cheikhoul Khadîm engageait
le Dâr-Al-Islam dans la conquête fervente de l’indépendance
dans l’exercice du culte exclusif rendu à DIEU.
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